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FISMES et BAZOCHES


Le 11 Septembre, notre rôle de soutien de cavalerie, terminé dans la région d'Hartennes, allait reprendre à une trentaine de kms à l'est, dans la région de Fismes.

Le Commandant du 2ème Corps de Cavalerie, le Général Conneau, demande d'assurer le passage de la Vesle par ses troupes montées, en prenant la petite ville de Fismes, nœud de communications, vers Reims à l'est, Soissons à l'ouest et Laon au nord.

Fismes est un long village qui s'étend horizontalement entre la grand'route au sud et la rivière au nord. A peu près, au milieu du pays, une rue assez large relie la mairie , qui se trouve sur la route, au pont jeté sur la Vesle. Au-delà de la Vesle, un faubourg, Fismettes, après lequel commence une côte assez rude qui mène au plateau dominant la rive droite de la rivière.

Vers minuit, le 1er bataillon a atteint les premières maisons de Fismes et les a occupées.

Une compagnie de chasseurs cyclistes et trois compagnies de zouaves viennent renforcer les effectifs.

On se barricade, en attendant le petit jour.

Le 2ème bataillon arrive au matin.

Le 12 Septembre, à 4 h 30, on cherche à pénétrer plus avant dans le village.

Les Allemands y sont encore.

Eux aussi ont construit des barricades qu'il faut enlever.

A 9 heures, la première est prise.

On progresse petit à petit, maison par maison, au milieu du crépitement de la fusillade incessante, jusqu'à l'Hôtel de Ville d'où part la rue qui descend vers le pont. On se bat dans la gare. On se bat dans une distillerie, un peu plus loin.

Et enfin, on arrive à la rivière.

Nouvelle barricade qui défend le pont dont l’accès est en outre interdit par des chaînes.

Des hommes se jettent en avant pour les couper. Tous tombent successivement sous les balles des Allemands qui ont franchi la Vesle et occupent les hauteurs de la rive opposée.

L'adjudant Lefin remarque qu'on arrivera à couper ces chaînes qui nous empêchent d'avancer, en utilisant la protection d'un des parapets du pont. Il parvient à franchir sans être touché l'espace découvert qui sépare la maison la plus proche du parapet et il a enfin la chance de réussir, au péril de sa peau, là où tant d'autres avaient laissé la leur. La médaille militaire, la première du régiment, et un galon d'officier, devaient le récompenser d'avoir ouvert la voie par laquelle allait pouvoir s'engager tout le bataillon.

45e_RI_Fismes_sept_14.jpg
 

FISMES_Courrier_Baum_Lefin.jpgExtrait de la lettre envoyé par le Commandant BAUM au Colonel Louis Victor LEFIN le 13 février 1961

A 15 heures, Fismettes était prise. Les zouaves montaient à l'assaut des hauteurs de la rive droite. A 18 heures, le plateau était à nous.

Tandis que le 1er et le 2ème bataillons prenaient Fismes, le 3ème bataillon devait, à 4 kms, à l'ouest, s 'emparer de Bazoches, petit village qui, lui aussi, possédait un pont sur la Vesle.

Sans trop de douleur, on avait pris le village, le soir du 11 Septembre, et on y avait passé la nuit. Le lendemain matin, le Général Conneau, commandant la 4ème Division de Cavalerie, donne l'ordre au bataillon de se diriger vers l'Aisne et le bataillon s'ébranle, en colonne par quatre, sur la route qui monte vers Perles.

En tête, marchent le Commandant et ses agents de liaison.

Cent mètres ne sont pas parcourus qu'un terrible feu d'infanterie, de mitrailleuses, d'artillerie, se déclenche , tuant ou blessant tous les agents de liaison.

Le Commandant Marconnet reste debout par miracle. Il ne permet pas à ses hommes de retourner en arrière.

On occupe les bas-côtés de la route . On fait face au feu, d'où qu'il vienne. Pas un pouce de terrain n'est abandonné, malgré des pertes sévères.

Bazoches nous reste et, dans l'après-midi, une division anglaise peut passer sur le pont de la Vesle que le courage et la ténacité du 3ème bataillon avaient su conserver.

La journée du 12 Septembre, avec Fismes et Bazoches, avait été une des belles pages de l'histoire du 45ème.



 


Date de création : 19/01/2013 ! 11:21
Dernière modification : 20/01/2013 ! 16:21
Catégorie : Historique du 45e RI - Le 45e RI en 14-18
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