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PREPARATIFS DE DEPART

 

C'est le 16 Août 1918 que le commandement est informé officiellement de la tâche dévolue à la 122ème division dans la proche offensive. C'est sur le front Sokol – Dobropolje – Kotka que porteront nos efforts.

Dès le lendemain 17 Août commencera notre mouvement en avant, minutieusement réglé par les services d’État-major.

A cette date un détachement précurseur composé des pionniers du régiment, de 10 hommes par bataillon et des téléphonistes à peu près au complet , s'embarquent à la gare de Verria. Il a pour mission de gagner Lekva, de perfectionner les voies de communication de la région, de compléter les lignes téléphoniques existantes et de rendre , en quelque sorte, plus conforme à nos habitudes un secteur occupé par l'armée serbe.

Le 20 Août le Lt colonel Laffitte s'en va rejoindre le détachement précurseur. Il est accueilli à son arrivée par le 21ème Régiment Serbe et le premier contact de nos hommes avec nos alliés se réalise alors. Tout de suite jaillit une camaraderie spontanée. Tout de suite s'affirme entre nous la confiance la plus absolue. Nos amis sont de beaux soldats, solides, aguerris par des années de lutte et de souffrance. Leur moral est admirable. Positivement il y a autour d'eux un rayonnement qui fait naître les espoirs les plus légitimes pour notre proche avenir.

Il n'est pas de preuves de l'amitié serbe qui ne se manifestent immédiatement. Le colonel du 21ème nous cède ses meilleurs abris. Ses hommes couchent à la belle étoile pour que les nôtres trouvent à se loger. La différence de langue n'est pas un obstacle à notre commune compréhension. D'ailleurs la plupart des officiers parlent un excellent français et beaucoup un français impeccable.

Les ordres sont bientôt donnés pour que le 45ème rejoigne son cadre précurseur. Le déplacement du régiment depuis Verria jusqu'à son nouveau secteur va être un véritable calvaire.

La chaleur est insupportable. On a pris soin de soulager tout le monde du plus gros de son chargement. Les marches se font de nuit. Pourtant le nombre des traînards est tel qu'il faut organiser un service spécial de ramassage pour les hommes qui tombent épuisés tout au long de la route.

Le 25 Août on quitte Verria dans la soirée. La marche de nuit nus fait traverser une plaine sans beauté et nous amène à Naoussa au matin du 26 Août.

Dans la nuit du 26 au 27 on gagne Vertekop. Un trajet particulièrement pénible nous conduit jusqu'à ce triste et morne village. Au long de marécages à demi desséchés il étire sa désolation infinie. On s'y arrête toute une journée exténuante de soleil.

La nuit du 27 au 28 Août nous fait atteindre Dragomanci. Déjà « on sent le front ». Partout les dépots de matériel et de munitions camouflés sous des toiles. Partout une surprenante activité qui troue l'obscurité de lueurs fugitives et d'ombres passagères.

Dragomanci est un village turc perdu dans la verdure. De nombreux officiers serbes y circulent. Des hommes coiffés de fez rouge sont paresseusement accroupis dans l'ombre mouchetée des platanes. Autour d'eux une marmaille innombrable promène sous de misérables haillons des ventres déformés de paludéens chroniques.

Pour nous l'immobilité est toujours de rigueur. Nous comprenons d'ailleurs fort bien qu'il importe de ne pas nous faire voir, nous, troupe en marche dont l'agitation indiquerait le bivouac aux avions ennemis et révélerait aux Bulgares une situation insolite.

Encore des marches de nuit et nous sommes, au matin du 29 Août, à Dogni-Pojar, puis au matin du 30 Août à Kulta et à Gorgni-Pojar. Pauvres agglomérations celées au flanc du roc, leur vrai richesse est une luxuriante végétation. La vigne, notamment, qui grimpe aux arbres fruitiers forme avec eux un splendide accouplement.

Un ultime déplacement nous reste à faire. Jamais nous n'aurons autant souffert pour l'accomplir. Jamais la chaleur n'aura été aussi intense, jamais l'implacable été macédonien n'aura été aussi cruel.

Jamais non plus nous n'aurons eu de marche plus heurtée, plus décousue que celle-là. Car il se fait autour de nous un invraisemblable grouillement nocturne de convois de vivres et de munitions, d'artillerie à cheval, de canons lourds à tracteurs, dont la rencontre coupe notre colonne et la dissocie en groupes égaillés.

Sans nul doute l'attaque est proche : nous en avons les tangibles preuves.

A la fin de la nuit du 30 au 31 Août, nous arrivons à Memedov-Rid et à Lokva et nous avons soudain la révélation de l'extraordinaire paysage que nous avions pressenti au cours de notre marche enténébrée dans la plate campagne.

Auprès de misérables baraques de bergers transhumants, notre bivouac se dresse à l'abri de châtaigniers gigantesques. Au travers du feuillage de leurs bras démesurés nous voyons se dresser dans la nuit encore sombre une effarante muraille qui nous domine de 1.500 mètres. La plaine si péniblement parcourue depuis notre départ de Verria, cette plaine où la Moglenitza et ses affluent coulent un cours torrentueux, s'arrête brusquement sur la paroi rocheuse qui tombe presque à pic. Tout là-haut le profil des monts s'éclaire parfois de la lueur brève d'une canonnade ou du pinceau fulgurant d'un projecteur lointain. Des images fantomatiques passent et disparaissent : burgs rhénans, kraks sarrazins, cités médiévales...

…...... est-ce sur leurs murs inacccessibles qu'on va nous lancer ? …......


Date de création : 19/01/2013 ! 15:26
Dernière modification : 18/01/2014 ! 09:31
Catégorie : Historique du 45e RI - Le 45e RI en 14-18
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