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La bataille de Quennevières



On appelle Bataille de Quennevières, la série de combats acharnés et effroyablement meurtriers qui se sont déroulés du 6 au 16 juin 1915 pour la possession de quelques arpents de terre à une vingtaine de kilomètres de Compiègne.
En beaucoup de points, le « management stratégique » de cette bataille préfigure la tragédie qui deux ans plus tard aura le Chemin des Dames pour cadre.

La 8e Brigade (148e RI et 45e RI) ont participé à cet épisode meurtrier. Le carnet de Jules GOFFIN est à ce jour  un témoignage intéressant  d'un combattant de la 8e brigade , bien que Jules était à cette époque au 148e RI, le 45e RI a également du vivre les mêmes souffrances.

Après une période de repos les évènements se précipitent pour la 8e Brigade. C'était même selon Jules des moments de pures relâches:Mais cela va être de courte durée le récit de Jules revient vite à la réalité, la mort est à nouveau proche et rôde à chaque instant.

Deux jours de noces, puis exercices, le grand nettoyage du cantonnement pour occuper les hommes.
Le dimanche (6 juin 1915)départ précipité, on ne sait où on va, les sections de tir montent avec le régiment en autobus, nous allons à la gare de Muizon où on embarque après avoir passé la nuit dans les champs.

Où va-t-on, Fismes, La Ferté-Milon où l'on prend un chemin de fer à voie unique. Villers-Cotteret, jolie ville, munitions en masse à la gare, puis on débarque près d'un village dans les bois ; joli château, on mange bien à l'ombre, journée gaie car on va faire le chemin en voiture.

Le Capitaine n'est pas là. On traverse la grande forêt où des territoriaux font des tas de rondins et matériel pour les tranchées ; route très
pittoresque, jolis villages.  On arrive dans les grands plateaux cultivés        Les pièces de blé sont  immenses mais en .... à coté des meules de betteraves à sucre que l'on n'a pu traiter sont pourries : il y en a bien 500 m. de long.

Rencontre des convois du régiment d'où je vois qu'il y a beaucoup de troupes. Les réseaux de fils de fer sont cachés dans les blés en épis ; on fait la pause près d'un hangar, on mange car on ne peut aller plus loin ; le cheval aussi car ici les près artificiels sont fauchés et secs.

On descend ensuite les grands plateaux, on voit au N. les fusées et on entend la canonnade ; on approche, il semble que c'est près mais on marche encore longtemps avant d'atteindre Attichy sur Aisne où nous cantonnons dans la ferme de Montplaisir, ( la 1/2 est brûlée), sur une colline près de la ville.

On va à l'eau en bas avec le tonneau.
On entend la bataille et on apprend que nous avons avancé et que des renforts ont été demandés aux diverses armées.
On part de là le soir, marche bientôt difficile car on prend des chemins de bois, nuit absolument noire, les lampes électriques vous aveuglent.

De temps en temps un coup de fusil.

Après bien des montées et des descentes, des arrêts et des départs brusques, des à coups, tours et détours, on fait la pause à l'entrée du village de Saint Crépin , on se croit arrivé, je t'en fiche ! Encore 6 Km - on arrive à La forêt de Laigue, près de Tracy-le-Val.
Map_148e_quennevieres_06_15.jpg

On campe sous tentes dans le bois près d'un vieux château, où l'on va tout le temps aller à l'abreuvoir et se laver et à l'eau.

Deux jours de repos, puis on marche, on voit des zouaves et tirailleurs dans les baraquements ; la route est de sable fin : on s'y enfonce jusqu'aux chevilles.
Les chevaux sont tout frais. Après la vision d'un étang et nénuphars blancs, maison de garde.

On grimpe une côte comme mon cheval n'en a jamais monté : c'est le Mont des Singes qui domine tout le pays à 30 Kms.

On voit Compiègne et sa forêt. Le soir, on a alerte, tout le monde debout.
Une demi-heure après, en route, on passe un château, et l'on va jusqu'à la porte de Soissons où les sections de tir prennent le matériel et en route pour la ligne de front.

Nous revenons bien tristes au campement, où les bataillons ont laissé sacs et couvertures. Le canon qui n'arrête pas de tonner redouble sur le matin d'intensité ; on pense aux autres car cette fois je ne suis pas de la partie, aux camarades du village.

Bombardement terrible qui vous glace le cœur, et vous attriste pour longtemps. Bientôt les premiers blessés arrivent ; notre campement est bombardé aussi, sans dégât. Par les blessés on apprend d'abord que personne ne trouvait sa position , un va et vient ininterrompu a lieu toute la nuit, si bien qu'à 6 H du matin, heure de l'attaque, elle est impossible, les éléments y participant n'étant pas placés.

Un aéro. passe, voit la faute et la signale à l'artillerie qui prend les boyaux en enfilade. C'est terrible, c'est affreux il faut enjamber les cadavres amis et ennemis que l'on n'a pu emporter car depuis trois jours l'affaire est trop chaude.

Les morts sont encore tués une deuxième fois. Les bras, les têtes détachées émergent sur les parapets ; et le soleil brûlant fait corrompre tout cela. L'odeur vous suffoque et vous donne une soif inextinguible. Les tirailleurs, très heureux, ont été leur chercher de l'eau car ils sont plus habitués à la situation du secteur qu'ils ne veulent pas quitter.

L'attaque a lieu à deux heures ; quelques sections de la 6è parviennent aux tranchées ennemies. Léon NOISIEZ( d'Aubrives, survivra à la guerre) qui en est, ne revient pas ; ils se battent une heure là bas. Nous l'avons cru mort longtemps.
Nous recevons le soir l'ordre d'aller rechercher le matériel ; on a hâte d'apprendre ce qui s'est passé. On attend très longtemps ; petit à petit, les hommes arrivent, on recharge et je reste pour attendre le sergent CROIN (?) qui ramasse tous les poilus et leur fait prendre le matériel car beaucoup sont fourrés dans les gourbis. Leur rôle a donc été passif ; ils disent que les pièces sont ensablées et qu'il n'y avait pas moyen de remettre en batterie.

Date de création : 12/01/2010 ! 21:37
Dernière modification : 24/01/2010 ! 16:37
Catégorie : Découvrir - Carnet Jules GOFFIN
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